La technique de méditation dite « Mindfulness » est improprement appelée « Pleine conscience » en français, ce qui prête à confusion avec le terme de « conscience » utilisé en Hypnose Humaniste.
Il est à noter que la France fut le seul pays pendant longtemps à utiliser le terme de « conscience » au lieu de « attention » pour désigner la méditation dite « Mindfulness » – et c’est précisément le pays où, bien longtemps avant l’arrivée de la Mindfulness, la notion de « conscience » s’est popularisée… grâce à l’Hypnose Humaniste !
En réalité, « mindfulness » signifie « attention », « être attentif ». « To be mindful of someone » veut dire « être attentif à quelqu’un ». « I’m mindful of my son, because he’s ill » : je suis aux petits soins pour mon fils, car il est malade. « We are mindful of the ecology » : nous sommes attentifs à l’écologie » (= nous y faisons plus attention).
La « conscience » dont parle l’Hypnose Humaniste n’a absolument rien à voir avec cela, puisque ce terme y désigne un champ d’information originel. Être en « pleine conscience » au sens humaniste revient à être connecté à ce champ universel… pas simplement à être conscient de ce que l’on fait au quotidien. Conféré l’exercice de base « du raisin sec » des formations en mindfulness, qui sert à renforcer son attention au moment présent (on observe le grain de raisin que l’on a entre les doigts) – ce qui est très bien en soi, mais cela n’a aucun rapport avec la « Conscience » : le champ d’information originel, créateur, source de toutes choses.
Porter son attention sur le moment présent
Ainsi, John Kabat-Zinn créateur de la Mindfulness, explique que : « Mindfulness is the practice of purposely bringing one’s attention to the present-moment experience without evaluation » : La pleine attention est la pratique qui consiste à porter intentionnellement son attention sur l’expérience du moment présent, sans évaluation.
Il ne s’agit donc pas d’un état modifié de conscience (donc pas de l’hypnose), bien au contraire : puisqu’il s’agit d’être uniquement attentif au moment présent. Bien « ici et maintenant ». C’est tout le contraire d’un « état modifié de conscience » (qu’on l’obtienne par moins ou par davantage de conscience).
D’ailleurs, pratiquement tous les pays du monde ont gardé le terme anglais « mindfulness » pour désigner cette pratique de méditation – ou bien il l’ont traduit dans la langue du pays : « Achtsamkeit » en allemand (l’attention), « Atención plena » en espagnol, « Atenção plena » en portugais, « Внимательность » en russe (attention), etc.
Ce n’est que récemment que la déviation française a commencé à se répandre dans certains pays limitrophes, comme sur la page Wikipedia espagnole qui parlait auparavant de « Atención plena », qui a été depuis peu modifiée en « concienca plena »… Ou, pire, la page chinoise, qui expliquait joliment les origines bouddhistes de la pratique philosophique de la pleine attention (lire plus bas), et qui a été malheureusement effacée et remplacée par le texte « conforme au manuel »…
On perd des éléments d’histoire de l’Humanité, des morceaux de culture de ces pays, pour imposer une idéologie occidentale.
Parenthèse à propos du « manuel »…
Les américains à l’origine de la Mindfulness ont développé un « Manuel pour l’introduction réussie de la technologie occidentale » (véridique !) qu’ils distribuent dans les pays à convertir, comme en Chine par exemple.
Ce manuel donne les points à suivre pour : « la meilleure diffusion de la Mindfulness » (selon les critères occidentaux, bien sûr). C’est effrayant !
Même Google Translate se met maintenant à traduire « mindful » par « pratique de méditation » (!?), même dans les cas où ce n’est pas dans le sens de la phrase.
On ne peut ainsi plus traduire correctement certaines expressions (comme « être attentif à son enfant malade », par ex.)… De la même manière, plusieurs pages Wikipedia ont aussi été remaniées en fonction de ce « manuel ».
A l’opposé de cet esprit colonialiste, l’Hypnose Humaniste respecte chaque tradition, chaque culture, jusqu’à changer elle-même de nom en fonction du pays, afin d’être mieux intégrée et comprise…
Par exemple, en arabe il n’existe pas de mot pour désigner une forme d’hypnose qui n’endorme pas : le terme arabe pour « hypnose » ressemble au « mesmerize » des américains, un rapport avec le magnétisme, Mesmer, et le sommeil. Cela passe pour l’Hypnose habituelle, mais pas du tout pour l’Hypnose Humaniste.
Alors, les praticiens HH des pays arabophones ont choisi un autre terme pour désigner l »Hypnose à la manière humaniste.
Autre exemple en Chine, où l’on n’a pas d’hypnose dans l’Histoire du pays (il n’y a pas eu de James Braid qui a inventé ce mot, etc.), ni de période « humaniste » au XVIème siècle. Donc, le terme « humaniste » n’a pas le même sens pour eux.
Les praticiens chinois ont donc choisi de remplacer le mot « hypnose » par quelque chose qui signifie « la totalité » et le terme « humaniste » par le terme « rond, doux, bienveillant ».
L’Hypnose Humaniste ne propose pas de « manuel pour l’introduction réussie des idées occidentales » (!!) Une chose pareille serait anti-humaniste. Voilà une autre différence importante entre l’HH et la Mindfulness.
Revenons à la technique de la Mindfulness :
La Mindfulness consiste donc à être attentif… à soi-même et aux autres, sans jugement. Il n’y a donc aucun « état modifié de conscience » (ni augmentation de la conscience).
Et le terme « conscience » n’a ainsi rien à voir avec la définition issue de la physique ou de l’Hypnose Humaniste. En Mindfulness, le terme « conscience » renvoie au fait de : « être attentif / bien conscient de… » Il s’agit donc simplement de nos perceptions (voir, entendre, ressentir) et non pas de la Conscience décrite en Hypnose Humaniste.
Encore une fois, il n’y a aucun rapport avec la « pleine Conscience » que l’on peut vivre en Hypnose Humaniste : être connecté, uni à un champ infini d’informations, originel.
La Mindfulness pourrait (devrait ?) correspondre à ce que les bouddhistes conseillent : « ramener son attention sur l’instant présent et examiner les sensations qui se présentent à l’esprit, comment elles apparaissent, comment elles durent quelque temps, et comment elles disparaissent. » (source Wikipedia).
Dans la tradition bouddhiste, la « Satipatthana » (traduite en anglais par « mindfulness ») n’est pas une pratique de méditation, et encore moins une pratique de soin, mais une manière d’être au quotidien. Ce que confirme Jon Kabat-Zinn, fondateur de la Mindfulness : « La Mindfulness n’est pas une psychothérapie, c’est un art de vivre. »
Ensuite, la définition de la « Mindfulness » (version occidentale, pas celle du bouddhisme) permet de comprendre qu’il s’agit encore et toujours de dissociation corps-esprit.
Il s’agit de : « être attentif à », « observer ses pensées ou émotions », « examiner les sensations », etc. Toutes choses qui demandent de se séparer de l’objet visé : nous-même, nos pensées, nos émotions, nos sensations. C’est ce que l’on appelle de la « dissociation ».
Être attentif à soi-même et à nos processus habituellement inconscients est déjà utilisé en Hypnose habituelle (Classique ou Ericksonienne) durant l’induction hypnotique ! C’est la phase de focalisation que l’on retrouve à chaque début de séance, précisément parce qu’elle accentue la dissociation psychologique et aboutit à l’état de transe hypnotique habituelle (séparation du conscient et de l’Inconscient, de l’esprit mental et du corps)…
C’est très bien… mais encore une fois tout à fait à l’opposé de ce que l’on fait en Hypnose Humaniste, où on cherche au contraire à se réassocier à soi-même – et pour cela, la base est de ne pas… se dissocier, même pour « s’auto-observer » !
L’Hypnose habituelle plonge la personne dans son Inconscient et l’hypnothérapeute reprend en main ses automatismes. La Mindfulness entraîne la personne à rester bien consciente (« moment présent »), au sens ordinaire du terme, et à observer ses automatismes (dissociation esprit-corps).
Ce mécanisme correspond malheureusement aussi au processus par lequel nos symptômes psychologiques se forment : lorsqu’une chose nous fait du mal, on la sépare de nous (pour s’en protéger)… donc elle continue de nous faire du mal, mais de loin. Elle s’est en quelque sorte « satellisée » et reste active, mais hors de notre contrôle (ce qui nous empêche de guérir).
Ainsi, d’un point de vue thérapeutique, entraîner la personne à se dissocier de ce qui lui fait du mal ne peut qu’entretenir et pérenniser les mécanismes malsains, puisqu’ils deviennent de plus en plus « hors contrôle ».
L’Hypnose Humaniste pourrait aussi être utilisée pour simplement gagner en conscience du moment présent, mais elle le ferait sans séparation intellectuelle ou mentale (entre l’esprit et l’émotion ou entre soi et l’objet observé). Et surtout, elle ajoute à cette présence la Conscience, dans une définition qui n’existe pas en Mindfulness (voir article sur ce site).
Une méditation préventive, pas curative
Quoi qu’il en soit, la Mindfulness n’est pas non plus une pratique thérapeutique, ainsi que l’indique clairement son créateur, Jon Kabat-Zinn : « Ce n’est pas quand on est tombé dans l’eau qu’il faut apprendre à nager ! ».
La Mindfulness a été conçue dans un objectif préventif, psychoprophylactique. Tout simplement parce que la Mindfulness est une technique « confrontante », au sens psychologique : elle met la personne face à elle-même. Donc, si jamais la personne souffre (de dépression, d’angoisses, de douleur, etc.) le fait de la confronter à sa crise (« pleine présence » de la mindfulness) serait très désagréable, voire pire, et ne ferait qu’empirer sa situation !
En pratique, la Mindfulness est contre-indiquée si la personne souffre de quoi que ce soit, ou si vous préférez : elle ne doit être pratiquée que si vous vous sentez bien.
C’est pour cela que la Mindfulness n’est pas décrite par son créateur comme thérapeutique, mais bien comme une technique de prévention.
Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire qu’il avait fait une séance de méditation pour arrêter de fumer ? Ou qu’elle a consulté un « méditothérapeute » pour dépasser une période difficile ? Avez-vous déjà entendu parler d’une « intervention chirurgicale sous méditation » ?… Et non, rien de tout cela… car la méditation n’est ni de l’hypnose, ni de la thérapie.
Malgré cela, et contre l’avis de son créateur, les personnes qui propagent la « mindfulness » ont inventé une forme de « thérapie cognitive basée sur la mindfulness » (MBCT)…
La thérapie cognitive étant la forme de thérapie la plus matérialiste qu’on puisse imaginer (basée sur le conditionnement, Pavlov), inutile de préciser que l’on est à des années-lumière de l’Hypnose Humaniste.
Il faut toutefois noter qu’un grand nombre de centres de Mindfulness plagient l’HH, allant même jusqu’à parler de Conscience, au sens qu’on lui donne en HH, donc au niveau informationnel, etc. Ce qui n’existe pas et n’a rien à voir avec la Mindfulness d’origine (mais en France « c’est la mode »), ce qui permet de plaire à leur public, attiré par le mot conscience (au sens humaniste) – au point que certaines personnes en viennent à penser que l’HH et la Mindfulness sont « la même chose », voire pire : que l’HH aurait copié la « MBCT » (!! le monde à l’envers !!)…
Bien sûr, l’Hypnose Humaniste pourrait aussi être une technique de prévention, par sa philosophie. Mais elle est surtout un ensemble organisé de techniques et de protocoles, applicables par phases (anamnèse, techniques de soin, etc.) et par thèmes (technique pour arrêt du tabac, technique pour mincir, technique anti-stress, pour les deuils, etc.), le tout utilisable par des thérapeutes ou des coachs professionnels auprès de personnes qui souffrent. L’Hypnose Humaniste est donc bien « de la thérapie » et c’est une autre des très grandes différences entre la Mindfulness et l’Hypnose Humaniste : l’HH est une pratique conçue pour être thérapeutique, à l’origine.
EN RÉSUMÉ
L’Hypnose Humaniste est une approche laïque complète de coaching, de thérapie et de psychothérapie. Elle offre l’accès à un état de conscience augmentée, qui peut permettre d’être effectivement plus présent, mais qui ne se limite pas à cela.
La Conscience majuscule n’est pas le simple fait d’être « présent » à ce que l’on fait. C’est un champ infini qui est à l’origine de tout ce qui existe et qui relie tout ce qui est…
De plus, cet état n’est que le point de départ qui rend possible différentes procédures de soin (thérapie) ou de changement (coaching).
Enfin, l’Hypnose Humaniste possède une cosmologie complète et très riche de la vie, de l’existence et de la psyché profonde de la personne, sur laquelle repose la pratique thérapeutique.